Templiers et Francs-maçons : tentative d’explication des cérémonies maçonniques templières au regard des aspects de la Rose-Croix et du Jésuitisme.

Templiers et Francs-maçons : tentative d’explication des cérémonies maçonniques templières au regard des aspects de la Rose-Croix et du Jésuitisme.

Au fur et à mesure des recherches historiques entreprises nous découvrons que les rites templiers possèdent des constantes très importantes et leur histoire est lié à la Franc-maçonnerie en général et à divers courants en particuliers.

Trois voiles couvrent la naissance des rites templiers et leur application dans des systèmes ou mouvements. Au départ de la Franc-maçonnerie en Angleterre nous trouvons un système rose-croix de type maçonnique, une Franc-maçonnerie spéculative de la Royal Society, une Franc-maçonnerie stuardiste et enfin une Franc-maçonnerie de type jésuitique avec des connexions symboliques très importantes.

Avant l’éclosion du Rites Ecossais de Stricte Observance et du Rite Ecossais Rectifié nous pouvons au préalable distinguer plusieurs voiles cachant le sens de la maçonnerie templière :

  • Un voile rose-croix en 1646 avec la création d’un premier temple à Londres sous Jacques II, Jacques II qui a fondé « publiquement » le premier collège de jésuite qui va devenir la Grande Loge d’York
  • Un voile Stuardiste à Saint Germain en Laye en 1688.
  • Un voile maçonnique en 1717 avec la Royal Society.
  • Un voile jésuitique en 1743 avec le Collège de Clermont.
  • Un voile templier.

Mais avant toute chose juste deux mots sur une « origine » plus que probable qui va donner naissance à une Franc-maçonnerie qui ne sera plus opérative mais plus spirituelle. Francis Bacon en 1623 edite un livre dont le nom est : La nouvelle Atlantide où il décrit des voyages, des îles mais aussi une maison salomonienne. C’est de cette aventure que naît l’idée d’un temple de Salomon avec une légende salomonienne et non plus une maison de Salomon comme dans l’ouvrage de Francis Bacon. Notons que ce sont les Jésuites les premiers qui en 1682 ont l’idée de ce temple de Salomon au lieu de la maison salomonienne. Le dénommé Francis Bacon puise peut-être ses sources dans un ouvrage de 1618 dénommé la mythologie chrétienne.

Nous devons aussi évoquer les écrits et les pensées de Christophe Warren comme ayant pu donner naissance à notre Franc-maçonnerie spéculative. Il voulait simplement par ses écrits et son système venger la mort de Charles 1er Stuart, rétablir une royauté avec l’allégorie du verbe mais aussi parler de l’avenir avec les « enfants de la veuve », soit ceux que la mort de Charles 1er a rendus orphelins.

C’est ce Christophe Warren qui en 1663 modifie la « maçonnerie secrète du temple » en une « nouvelle maçonnerie. » Cette maçonnerie « secrète du temple » est connue sous le nom de « Societas Clavita », une continuation spirituelle de l’Ordre du Temple. C’est une suite logique à cette maçonnerie Rose-Croix avérée avec des personnages comme Elias AshmoleValentinNewton etc…

Au cours du collège de Clermont en 1743 sortent les premiers statuts maçonniques templiers, d’essence templière. Charles Stuart y est reconnu comme Grand Maître des templiers et ce collège à sa création est dirigé par Lord Dervenwater. C’est un peu grâce au travail de Ramsay qui propage l’idée d’une continuation de l’Ordre du Temple que cela peut prendre forme. Ramsay est, il faut le dire l’élève du Jésuite Fénélon et tout cela d’ailleurs avec la bénédiction du cardinal Fleury. Les jésuites voulent inculquer leur foi à tous en créant des grades « maçonniques ». Dans le grade de Chevalier sublime de Dieu et de son temple toute la mesure et la force des idées des jésuites sont démontrées.

▸ Voilà juste quelques courants de pensée qui ont traversé la Franc-maçonnerie en général et le système templier en particulier.

▸ Mais revenons au système des rose-croix et du Jésuitisme et à leur influence dans la maçonnerie dite templière.

Commençons par une idée toute simple : Ce n’est pas la bulle papale mettant fin à l’Ordre du Temple qui va faire cesser toute espèce de commerce et rapports entre les anciens templiers. Il faut donc aux Templiers après 1307 de l’espérance, celle de voir un jour le rétablissement d’un nouvel Ordre du temple. Il y a alors d’un côté les chevaliers d’une chevalerie existante et une spiritualité chevaleresque de l’autre.

Maintenant il est l’heure de nous rapprocher un peu plus près de l’Histoire qui a fondé la chevalerie maçonnique templière et sa ritualisation. Il nous faut nous rapprocher de l’histoire avec ses dates, son déroulé et ses ramifications.

La compagnie de Jésus d’où sortent les jésuites est un ordre religieux. Elle est fondée par Ignace de Loyola et Saint François d’assise en 1539. A l’époque elle est proche des rois et princes de ce monde et tente en permanence d’influencer la politique des cours françaises et européennes. Sa présence en Grande Bretagne est très importante et elle influençe les rois de ce pays, de Charles I au prétendant Stuart. Par la création d’un système calqué sur la maçonnerie elle tente de s’y immiscer et d’en détourner le but : abandon de toute politique pour une orientation vers une spiritualité chrétienne catholique. Dissoute en 1783 elle est rétablie en 1814 par le pape Pie VII.

▸ Attachons-nous aux grandes dates et aux grands événements marquants dans le cadre de l’influence de la rose-croix et des jésuites dans les rites templiers :

  • 1439 : La loge d’Ecosse opérative a un Grand Maître héréditaire en la personne des seigneurs Saint Clair de Roslin.
  • 1512 : A Florence, la société « La compagnie de la truelle » voit le jour comme Loge et use de symboles devenus « spéculatifs » : truelle-marteau-équerre, et prend comme saint patron : Saint André d’Ecosse.
  • 1539 : Fondation de la Compagnie de Jésus par Ignace de Loyola et Saint François d’Assise.
  • 1600 le 8 juin : Première trace d’un maçon non opératif reçu dans une assemblée de constructeurs, à Edimbourg en « la chapelle de Marie. » Il s’agit de John Boswell d’Auchinlek. »
  • 1607 : Le roi Jacques I se déclare être le protecteur de la maçonnerie.
  • 1610 : Le dénommé Jean-Valentin André publie « La fama fraternitatis », est-il indirectement le créateur du mouvement Rose-croix ?
  • 1618 Création de la première « Rose-croix » avec Francis Bacon (livre : la nouvelle Atlantide.)
  • 1646 : Première assemblée de savants qui donnent naissance plus tard à la Royal Society avec naissance d’une nouvelle « Rose-croix. » Cette société possède sur son tapis les deux colonnes où Hermès avait gravé les sept arts libéraux et sur les marches d’un escalier menant à un théâtre carré on pouvait y voir des figures symboliques.
  • 1649 : Le roi Charles I est décapité, sa veuve Henriette de France, fille d’Henri IV et de Marie de Médicis, accepte l’exil et accepte de demeurer au château de Saint Germain en Laye prêté par Louis XV. Ce roi a du gout pour les sciences et études chymiques et il encourage le mouvement rose-croix naissant avec l’aide de l’astrologue Lilly, franc-maçon accepté dans le corps des maçons de la truelle. C’est cette décapitation qui donne naissance à une légende et des hiéroglyphes maçonniques, il est le maître « Hiram » non encore crée (1724), donne naissance à l’histoire de la parole perdue (les fils de Charles qui veulent monter sur le trône) et le fils du roi est appelé l’enfant de la veuve etc.
  • 1660 : De suite, à la fin du règne de Cromwel en 1658, son fils Charles est mis sur le trône avec le nom de Charles II.
  • 1663 : Christophe Warren modifie la maçonnerie secrète du temple (Societas Clavita) en une nouvelle maçonnerie.
  • 1668 : Jacques II d’Angleterre est décapité et le Grand Maître des Corporations est le dénommé Christopher Warren.Guillaume, prince d’orange va en Angleterre et s’y fait recevoir roi, c’est la fin du règne des Stuarts d’Ecosse. Le roi Stuart à Saint Germain en Laye fonde la première loge militaire maçonnique sur le sol français. De même il revivifie la loge saint André du Chardon, résurgence écossaise de l’Ordre du Temple.
  • 1682 : Apparition du premier tapis vraiment rose-croix avec les symboles maçonniques actuels. Les jésuites font de la maison salomonienne de Bacon le Temple de Salomon, première apparition historique de cette notion, en créant un système maçonnique.
  • 1688 : le 25 mars une loge militaire en France est créé à Saint-Germain-en-Laye : « régiment de la garde irlandaise. »
  • 1690 : Jacques III, dernier prétendant Stuart, est défait et doit s’enfuir en France, les jésuites anglais partent avec lui en ce lieu de notre sol de France. Ils demeurent dans un premier temps au collège jésuitique de Clermont, dans Paris (Mont des clercs, Mont du clergé). C’est de ce collège que sortent d’ailleurs les premiers statuts maçonniques templiers. Il délivre de nombreuses patentes et diplômes avec la devise des jésuites : « Ad majorem dei gloriam »
  • 1693 : La charte dite de York apparaît et contient la formule : Vous serez fidèle à Dieu et à la saint église, au prince, à son Maître et à la Dame qui le servira.
  • 1694 : Guillaume III d’Orange, roi d’Angleterre est initié dans la loge d’Hampton Court et de suite de nombreuses loges stuardistes se mettent à son service.
  • 1717 : Apparition de la maçonnerie anglaise qui devient la Grande Loge Unie d’Angleterre. C’est la réponse des orangistes à la Franc-maçonnerie stuardiste. La Royal Society est à l’origine de cette création. Et le dénommé Elias Ashmole réussit à se débarrasser des jésuites dans son obédience.
  • 1730 : Un système templier maçonnique serait introduit dès 1730 en Allemagne dans une loge d’Umwurden où serait initié un certain Kesser von Sprengeisen, homme qui est l’auteur de l’ouvrage L’Anti Saint Nicaise. Ce Chapitre templier fonctionnerait de 1730 à 1740 en Haute Lusace.
  • 1740 : Les jésuites inventent un système maçonnique à six grades plus un grade secret et créé également le grade d’Elues ou cinquième grade pour les femmes. N’oublions pas non plus que dans la loge maçonnique de Beauvais de Fénelon, alors évêque, les femmes participent également aux travaux. Les sept grades du rite de Clermont sont publiés en 1766 sous le titre de « Hauts grades de la maçonnerie » les trois premiers ont trait à la vengeance des assassins de Maître Hiram (les jésuites en fait), les trois suivants à la construction du second temple (les jésuites alliés aux Stuarts) et le septième grade ressemble au vœux des Nôtres, plus haut grade des jésuites correspondant à celui qui est choisi parmi les Nôtres pour être le général des jésuites.
  • 1743 : Charles Stuart est reconnu par l’Ordre de la Stricte Observance Grand Maître des templiers sous le nom d’Eques a sole aureo. Ce chapitre d’ailleurs est présidé par le père du conventionnel Robespierre.
  • 1743 : Von Hund se fait recevoir Templier (Edimbourg ?) et après être présenté au prétendant et à Maëstricht on le nomme Grand Maître de l’Ordre pour la province de Basse Allemagne dans ce système de Clermont, jésuitique. Il fait de même recevoir Henri Marshall comme Grand Maître pour la province de Haute Saxe dans ce système de Stricte Observance qui se nomme ainsi car leurs membres doivent prêter serment d’aveugle soumission envers des chefs inconnus. Le chef suprême de cette Stricte Observance est alors connu sous le nom de Eques a penna rubra. Nous comprenons alors que Von Hund ait eu du mal à se défaire de la tutelle des jésuites et que l’épisode Johnson (eques a fuhnen) au convent d’Altenberg, épisode qui au lieu de le dissuader sert à renforcer sa conviction de demeurer seul maitre de son Ordre.
  • 1743 : En Angleterre la loge mère de Kilwinning et la loge d’York jurent fidélité à la maison des Stuarts et à la sainte église.
  • 1743 : Naissance au collège de Clermont des premiers statuts d’essence templière.
  • 1747 : Selon les documents de la loge d’Arras, Stuart est reconnu Grand Maître maçonnique.
  • 1754 : Création du Chapitre de Clermont par le Chevalier de Bonneville. Ce collège serait créé pressé par la nécessité, entrainé par les courants de pensée et qui a lentement transformé la « maçonnerie politique » en une « une maçonnerie spéculative » orientée vers un idéal plus spiritualisé. Ce chapitre serait créé à l’instigation des Jésuites. Pour mieux « exploiter » cette maçonnerie les jésuites fonderaient un local en dehors de Paris nommé « La nouvelle France. »
  • 1756 : Selon le dénommé Rebold un des rites crée par les jésuites voit le jour et prend pour nom : « Rite des clercs de la stricte observance » système templier en trame de rituel.
  • 1761 : Le rite totalement initié par les jésuites de Lyon, va à Paris créer « le rite de perfection ou d’Hérédom, » rite inventé par le Frère Pirlet, président d’une loge de Paris. Ce rite donne naissance au système du Rite Ecossais Ancien et Accepté, rite dit de Charleston de 1802, voire patente Morin.
  • 1776 : Le rite des Clercs de la structure Stricte Observance se réunissent avec les « les templiers séculiers » fondés également par les jésuites.
  • 1778 : C’est le premier grand tournant de la maçonnerie templière dans son existence. En effet le 12 aout, le 25 novembre et le 27 décembre les promoteurs de Lyon donnent l’exemple de l’abjuration des systèmes templiers et nous trouvons d’ailleurs une annotation de la vingt-huitième séance qui précise que la loge écossaise de Brunswick envoya un mémoire et d’envoyer sous peu le rituel consacré par les Clerici. C’est aussi pour Willermoz l’occasion de se « débarrasser de tout ce qui touchaient aux jésuites. » Il ne réussit totalement qu’en 1782, mais nous y reviendrons. La Franc-maçonnerie ne reçoit en son sein que des hommes vertueux ou qui désirent vivement de l’être, si son but est honnête, juste et utile, si ce but est connu de tous ceux qui sont admis à l’administration de la société ou qui ont acquis le droit d’avoir la connaissance intime du but de l’Ordre (maçonnique), si les lois qui la dirigent sont fondées sur le juste, l’honnête et l’utile, si elle a le courage de fermer les portes de ses temples à ces esprits faux, turbulents et tous autres être vicieux et dangereux, qui troubleraient le bonheur d’une association douce, honnête, bienfaisante, amie de l’humanité. Nous notons dans ce discours la notion des supérieurs inconnus qui est battue en brèche et Beyerle veut une direction officielle et non officieuse, comme celle des jésuites en maçonnerie. C’est là aussi qu’il va combattre le système des jésuites en désirant faire entrer les femmes en maçonnerie, ce qui lui sera en quelque sorte refusé. En effet, sous l’influence des jésuites, comment faire entrer une femme en maçonnerie spirituelle !
  • 1783 : Dissolution de la compagnie de Jésus.
  • 1814 : Rétablissement de la Compagnie de Jésus par le pape Pie VII.

▸ Voici donc les comparaisons possibles entre les particularités des Rose-Croix et des Jésuites dans les rites dits templiers :

▸ Etudions les influences des Rose-Croix dans un premier temps dans les systèmes templiers en leurs décors, histoires et hiéroglyphes.

  • La loge et éclairée par quatre Lumières.
  • On y travaille les symboles, le symbolisme grâce à des hiéroglyphes au deux premiers grades. Au troisième grade les hiéroglyphes disparaissent et on y travaille à des procédés alchimiques.
  • Les mots de passe des deux premiers grades sont : Tacendo et Sperando, ce qui devient à la fin du second grade la maxime « Se taire et espérer. »
  • Deux grades sont l’apanage des premiers moments de l’apprentissage : Le grade de Salomonique-théorique avec le tablier blanc garni d’un ruban qui forme un carré puis le grade du Juniorat avec le tablier blanc en triangle, le triangle qui est le signe du grade. Puis les grades suivants voient les hiéroglyphes disparaitre et on travaille à des grades alchimiques sans la permission des supérieurs inconnus. (Système de Von Hund au départ.)
  • Les symboles des Rose-Croix sont gnostiques avec surtout le symbolisme de l’harmonie universelle qui unit l’homme à l’homme et l’homme-Dieu à l’Univers.
  • On y évoque aussi les voyages, l’air humide et la pluie rencontrés hors de la matière car la matière est « hors de Dieu », donc mauvaise et Dieu seul est pure lumière. La notion de pluie est importante car elle est contraire à la lumière et cette lumière et ne peut s’acquérir qu’aux cours des voyages.
  • On y parle aussi des « choses » c’est-à-dire de la vertu des minéraux et des plantes.
  • Le secret, le silence est une vertu essentielle : il faut tenir secret la science du bien et du mal par la seule interprétation des initiés.
  • Pour entrer en loge les R+C exigent des recherches sur la conduite et les mœurs des candidats et sur le « génie » de toute personne désirant entrer.
  • Les premiers maçons rose-croix travaillant à la mode « franc-maçonnique » n’ont qu’un seul tapis de forme carré. En y montant les sept marches on peut accéder à un théâtre carré. Ce théâtre doit représenter tous les symboles des secrets arrachés à la nature et on y trouve les deux colonnes d’Hermès avec des chapiteaux en forme de sphère, une colonne J et une colonne B, ordre de la création du monde et de la nature. Les quatre premières marches représentaient les éléments et les trois dernières le sel, le soufre et le mercure.
  • Ce tapis unique pour les deux premiers grades posséde une étoile à cinq branches flamboyante, le soleil, la Lune, le compas, l’équerre, le quarré, le triangle et la sphère.
  • Notons que l’étoile à cinq branches flamboyante représente le mercure ou vif argent. Pour les R+C c’est l’archios (feu céleste) qui est simplement l’esprit saint, le baume salutaire venant de la maison de l’éternel.

Voici donc, trop brièvement décrits certes les symboles rose-croix que l’on retrouve dans les divers systèmes templiers et sur les tapis de loge. Ce système rose-croix ne perdure pas dans cette forme ni dans son essence même. Si certains membres de la maçonnerie sont rose-croix ils sont aussi parfois membre des jésuites ou du mois très proche d’eux. La distance entre R+C et jésuites s’amenuisent dès que l’on approche du pouvoir et des gouvernants. Il est vrai que certains grands dignitaires de l’état anglais comme Ashmole réussissent à faire disparaitre l’influence des jésuites mais ce n’est pas toujours le cas, surtout lors de l’exil des rois anglais en France, à Saint-Germain-en-Laye et au début et au premier lieu de résidence qui est le collège jésuitique du Mont Clair à Paris ou Clermont.

▸ Nous allons étudier maintenant quelques symboles des systèmes des Jésuites (rite de Clermont) que nous allons retrouver sur les tapis des systèmes templiers et dans la façon de procéder.

Un rapport très étroit existe donc entre les rois et les jésuites. Le prétendant Stuart, auteur de nombreux brevets, concessions et diplômes a un cachet avec la devise des jésuites « Ad Majorem dei Gloriam » c’est dire l’interpénétration des jésuites et des rois !

En 1682 les jésuites créèrent donc un système de type rose-croix mais jésuitique. Mais surtout ils font de la maison salomonienne de Francis Bacon (la nouvelle Atlantide) un Temple de Salomon. Ils sont les premiers à créer « une histoire de l’Ordre » et de la maçonnerie. Ils créèrent bel et bien une maçonnerie templière qui est également à l’honneur en Allemagne à Naumburg ; Kittlitz, Unwurde, etc. Le grade de Templier est en vénération chez les jésuites. Ainsi ils réussissent à faire coïncider la maçonnerie avec le système jésuitique.

  • Leurs loges sont dites de Saint-Jean, mais comme J et I se confondent dans leur secret en fait il s’agit des loges de Saint-Ignace.
  • Le temple maçonnique, pour les jésuites c’est celui de Zorobabel, soit le temple d’Esdras (livre 2, chapitre 12, verset 1 de Saint-Mathieu). Mais c’est le temple de Salomon qui va servir de support. Il y a là un sens moral évident : aider les templiers à relever leur Ordre. Etre franc-maçon devient ainsi une noble cause d’autant plus que cela rappelle les combats des templiers en Palestine où ils portent le nom de franc, ce qui est différent de celui des opératifs.
  • Les jésuites possédent également un tapis unique pour les deux premiers grades. Ils veulent adapter la maçonnerie aux professions religieuses de leurs membres du temporel et du scholastique.
  • Le tapis des loges est de forme non carré mais est un tapis de forme oblong, un quarré oblong que nous retrouvons toujours en loges et ce tapis est l’emblème d’un temple.
  • Les deux colonnes sont celles des églises dans la langue des théologues. La lettre J sur l’une est celle d’Ignace de Loyola et la lettre B est le mot Beatus, ce qui donne en soudant les deux lettres : Beatus Ignatius, le bienheureux Ignace ! Puis plus tard les deux colonnes sont inversés, querelle entre moderne et anciens et nous trouvons désormais plus J et B que B et J.
  • Nous y trouvons le soleil qui possède neuf rayons, comme les neufs fondateurs de l’ordre du temple. Ce soleil nommé aussi Jésus, J ou I est une invention des jésuites.
  • Nous y trouvons le second luminaire qui et la lune. Et la lune tire sa lumière du soleil. Cette lune, dite aussi B est à demi-éclairé (type R.E.S.O. et non R.E.R.) car elle tire sa lumière du soleil. Ainsi nous obtenons dans le rapport soleil, étoile à six branches et lune les lettres I, M et B ; comme Jacques Burgundus Molay.
  • L’étoile est flamboyante à six branches (sceau de Salomon) avec au centre la lettre de G comme Général, Général des jésuites, représentant de Dieu sur terre, celui qui tient la place de Dieu, qui a été élevé au sommet de la tour du temple.
  • Une houppe dentelée rappelle les bandes de couleurs (jaune verte blanche et bleue des égyptiens mais surtout la ceinture du moine, sorte d’allégorie sacerdotale. C’est le signe de la réunion parfaite avec une idée uniforme : l’obéissance aveugle aux supérieurs de l’Ordre, créant ainsi une sorte d’universalité, but ultime qui est celui d’aimer son frère.
  • Aussi l’escalier avec sept marches qui sont les sept ordres de prêtrise des jésuites.
  • L’équerre représentant l’obéissance et le compas le commandement y sont entrelacés. Le compas est réservé aux maitres.
  • Une pierre taillée en forme d’un quarre ou carré.
  • Une pierre brute.

▸ Grades :

Dans le système des jésuites nous trouvons six grades et un septième plus spirituel, le Clerus. Ce septième grade donne-t-il naissance au septième grade du Rite Ecossais de Stricte Observance, au système de J.K.A. Starck, au système de Mélésino ? Et il faut s’interroger sur la création des jésuites d’un grade pour les femmes, grade d’élue ou cinquième grade (1740).

▸ Regardons de plus près l’articulation de ces grades et leur rapport avec le système rose-croix puis templier par ricochet :

Quatre degrés des jésuites :

  • Premier degré : le Temporalis
  • Deuxième degré : le Scholasticu (on peut y devenir prêtre.)
  • Troisième degré : le Coadjutor spiritualis avec les 3 vœux de chasteté, pauvreté et obéissance.
  • Quatrième degré : le Noster qui implique l’obéissance totale au pape.

(Notons ici que l’origine du tapis proviendrait du dénommé Typotius, frère jésuite également.)N.D.L.R. : intéressant de noter les deux grades du rectifié : Ecossais rouge et Ecossais vert avant d’être réuni en un seul écossais.

Et si nous regardons les mots de passe nous trouvons :

  • Premier degré : T come Tubalcain.
  • Deuxième degré : S comme Schibboleth.
  • Troisième degré : C comme Chiblim (Ghiblim ailleurs.)
  • Quatrième degré : N come Notuma après être passé par Notumad.

Les mots de passe étaient Tubalcain, Schibboleth, Mac Benac et Natumad qui est devenu Notuma avec une nouvelle signification et histoire.

Les trois pas représentaient les trois vœux des jésuites et c’est dans la chambre du milieu que les jésuites y font leur profession où on y meurt pour recevoir son salaire.

Les impétrants sont reçus face à la chaire du vénérable maître en chaire car les jésuites sont reçus le front tourné vers l’Orient.

Le tablier : c’est l’ordre des jésuites qui donnent l’habit d’où le fait que l’on nomme habit le tablier.

La nudité du cœur et du genou sont là pour se convaincre du sexe masculin du candidat.

Au cours des voyages le soulier est en pantoufle pour rappeler qu’Ignace de Loyola fait un pèlerinage les pieds nus et que s’étant blessé il met une sandale pour le poursuivre.

Le nom de maçon est adopté parce que Aumont et sept chevaliers sont partis en écosse. Ainsi c’est l’institution secrète religieuse de quelques chevaliers qui permet à l’Ordre du Temple d’échapper totalement à sa destruction. Le métier de maçons est trouvé « commode » pour faire perdurer l’Ordre du Temple, l’ordre persécuté. Leurs outils fournissent à l’ordre des symboles heureux qui, lui permettent de donner une apparence extérieure d’une sainte morale en lui servant d’hiéroglyphes.

Un nouveau langage crypté nait ainsi entre les mains des jésuites :

  • Conquérir la Palestine signifie changer la religion des anglais.
  • Dernières croisades signifie les essais malheureux des Stuarts pour reprendre le trône.
  • Les iles d’Ecosse c’est Paris et Saint-Germain-en-Laye.
  • Le Mont Hérédom c’est le collège de Clermont.
  • La construction du premier temple c’est l’établissement du collège des jésuites.
  • La construction du second temple correspond à la liaison entre les jésuites et les Stuarts.
  • Hiram tué par des compagnons qui sont en fait l’Angleterre, l’Ecosse et la France.

▸ Nos beaux tapis de loge contiennent plein de symboles issus de diverses sources dont la Rose-Croix et le système des jésuites.

▸ Conclusion :

Il est important de noter les corrélations entre le tapis et l’histoire de la Stricte Observance, le Rite Ecossais Rectifié et les Jésuites. Bien des rapports existant ou préexistent entre eux.

Les dénommés Von Hund ou Jean-Baptiste Willermoz ont du mal à se débarrasser des apports des Jésuites. Jean-Baptiste Willermoz ne modifie-t-il pas totalement le tapis de loge du Rite Ecossais Rectifié par rapport à celui de la Stricte Observance : inversion de la lune et du soleil, étoile à cinq branches non flamboyante, corde à nœuds, etc. Le tapis de la Stricte Observance n’a-t-il pas plein d’emprunt au tapis des jésuites ? Les histoires templières ne sont-elles pas ressemblantes ? Les desseins ne sont-ils pas un peu pareil ?

Avant que les « nouveaux » systèmes templiers apparaissent en 1754 avec Von Hund et 1772 avec Jean-Bptiste Willermoz n’existe-t-il pas une maçonnerie templière en Allemagne ? Alors d’où vient-elle cette maçonnerie ?

Enfin il reste encore plein de zones d’ombres, nous allons poursuivre notre tâche et tenter d’y voir encore mieux clair ! Tous ensemble.

Les templiers sont des hommes d’honneur mais les francs-maçons de nos jours le sont-ils encore ? Tiennent-ils la distance ? Sont-ils capables de mourir pour le temple et pour Dieu ? Ou ne sont-ils que pris par cette « gangue » de matérialité de ce monde ?

Vous avez pu remarquer que je ne vous ai pas parlé de « Hugo Initiatus Igne Raptus Atrocissimo Molay » !

Ce travail n’a de valeur que documentaire et non officielle.

▸ Bibliographie :