Le manuscrit praefectura derlaviensis

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Le manuscrit praefectura derlaviensis

une pièce exceptionnelle − découverte en Allemagne en 2014 − et récemment acquise par le musée de la Franc-maçonnerie (16 rue Cadet 75009 Paris) : Le manuscrit Praefectura Derlaviensis.Fermer la suite

Si la légende templière a eu de nombreux surgeons dans la Maçonnerie du siècle des Lumières, la Stricte Observance Templière reste certainement le plus fascinant d’entre eux. Née en Saxe vers 1750, elle veut relever l’Ordre du Temple et en restaurer les fastes en plein XVIIIe siècle. Son appareil symbolique, ses impressionnantes cérémonies, sa quête du secret des Templiers vont susciter un grand intérêt dans les Loges et assurer son succès et son développement dans l’Europe centrale des années 1760-1770.

Une des pièces phares de l’exposition du Musée de la Franc-maçonnerie est un extraordinaire manuscrit en dix volumes contenant règlements, rituels, instructions… Ces dix volumes – en latin, allemand et français – rassemblent les textes nécessaires au fonctionnement des Loges de la Stricte Observance. On appelait d’ailleurs cet ensemble « le livre rouge de l’ordre ». Ceux-ci ont été réalisés l’usage de la Praefectura Derlaviensis, c’est-à-dire la « Préfecture » qui avait son siège à Leipzig. Le manuscrit date de 1775, un an avant la mort du fondateur, le baron de Hund, et celui-ci s’inscrit donc en tête du registre-matricule de la « VIIe province » (sous-entendu l’Ordre du Temple restauré).

Mais, outre l’intérêt de contenu, c’est la qualité du manuscrit lui-même qui est exceptionnelle : sa calligraphie soignée, ses illustrations à la gouache, sa magnifique reliure baroque en fin maroquin rouge… Cette qualité s’explique, notamment, par l’origine de la pièce. Leipzig était un grand centre de l’édition allemande et disposait de relieurs et d’illustrateurs talentueux… et les francs-maçons de Leipzig avaient quelques moyens pour recourir à leurs services.

Cet étonnant manuscrit de Leipzig montre combien les rêves chevaleresques d’une certaine Maçonnerie du XVIIIe siècle ont été l’une des sources oubliées du romantisme du XIXe.

Pierre Mollier, https://www.hiram.be/blog/2016/09/10/manuscrit-praefectura-derlaviensis/